samedi 11 septembre 2010

Quotidien à Las Vegas

Que faire quand une femme vous dit qu’elle va accoucher toute seule de son septième enfant, dans sa maison faite de planches de bois et de plastiques, et située près de la décharge publique ?

Après plus d’une semaine de discussions, une visite médicale avec échographie payée par Xavier, car cette femme était à plus de 9 mois de grossesse, 3 visites dans la même journée pour la convaincre et la conduire en voiture à l’hôpital, il a réussi !

Arrivée vers 17 heures à l’hôpital ou après consultation on annonce à Maria qu’ils vont lui faire une césarienne car son bébé est très gros, 11 livres soit presque 5 kg. Bien sur Maria et son compagnon Emiliano n’ont rien prévu… pas de vêtements, pas de bonnet, pas de chaussettes, pas de couverture et encore moins de couche !

Et puis à Olanchito les commerces ferment tous à 18heures. Xavier arrive à la maison et nous décidons d’aller voir à l’hôpital comment tout se passe pour Maria qui doit être opérée à 19h.

Bien sûr il pleut des trombes d’eau ce soir là. Nous partons en moto, équipés de nos bons k-way de bretons, mais nous nous retrouvons vite complètement saucés !! Nous voilà débarquant tout dégoulinant dans la salle d’attente, où Maria attend toujours de se faire opérer. Non non pas de jolie chambre ou du moins un lit pour attendre qu’on vienne la chercher… une chaise dans une salle d’attente, en chemise de nuit d’hopital, au milieu de tout le monde!

Nous voilà repartis sous la pluie à 20h du soir, morts de rires du comique de la situation, pour chercher de quoi vêtir ce bébé. Nous rencontrons 2 femmes charmantes à l’hospice de nuit qui nous offrent 3 bodies et nous vendent une couverture toute neuve à faible prix. Puis nous partons à la recherche des chaussettes et du bonnet… nous visitons toutes les épiceries situées autour de l’hopital avant de réussir à dégoter seulement un beau bonnet en laine rouge, SVP !

Le lendemain, Xavier a été visité le nouveau-né, un petit Emiliano, lové dans les bras de sa maman car pas de lit pour lui, seulememnt un lit pour sa maman au milieu d’une pièce où se trouve 4 autres jeunes mamans. Mais le principal est qu’il se porte très bien, bien qu’il n’est pas de vêtements ! Et oui, d’après la maman ses affaires ont été volé pendant qu’elle dormait ! Quelques heures après les affaires ont réaparu. Maria profitait-elle de la situation ou bien est-ce de la naiveté? Qu’est ce qui nous touche le plus au final: cette pauvreté économique ou celle de manque d’éducation et de savoir-faire ? Je crois que cette misère sociale a encore une fois réussie à nous chambouler.

Emiliano et sa maman de retour chez eux:P1240871

jeudi 8 juillet 2010

Los pollitos de Las Vegas

Vous en rêviez, ils l’ont fait.

Depuis une semaine, les poulets ont fait leur apparition à Las Vegas. Maria m’avait depuis longtemps ce projet de poulailler en tête. Cette femme de 28 ans, habite Las Vegas, n’a pas de travail fixe et est enceinte de 7 mois. Son mari lui va d’un travail à l’autre son sécurité de pouvoir donner à manger à ses enfants le lendemain.

Tous les deux sont partis dans cette aventure de faire grandir des poussins, avec amour et soin pour ensuite les vendre.

Les poussins après une semaine : 

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Lui a fait un bel abri pour les poulets. Elle s’occupe de leur donner tous les soins nécessaires pour qu’en 7 semaines, ils puissent être vendus. Lui les tuera !

Le poulaillerP1030407

Ils les vendront aux différentes épiceries. J’espère que cette petite source de revenus leur permettra de les aider dans leur quotidien.

Nous avons commencé vendredi dernier avec 20 poussins. Ce qui devrait leur permettre de s’inicier aux soins que requièrent toute cette petite progéniture. Et c’est compliqué de faire grandir ces petits êtres fragiles: une nourriture spéciale pour qu’en un temps record ils grandissent, des vaccins, des vitamines, des déparasitants, une hygiène riguoureuse…

Maria et ses poulets !

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Je les aide en leur prêtant un peu d’argent pour commencer cette activité : investissements de construction du poulailler, achats des premières batteries de poulets et de la nourriture. L’idée est qu’ils prennent peu à peu leur autonomie et qu’avec les premières recettes puissent réinvestir.

A très vite pour vous montrer ces  petits poulets devenus grands ! …ou un plat typique de poulet de Las Vegas   

dimanche 4 juillet 2010

Pourquoi ?

Bonjour, je m’appelle Manuel, j’ai 15 ans et suis en classe de seconde au collège de l’Immaculée Conception à Olanchito au Honduras.

Hier soir, samedi, je revenais de la maison de ma grand-mère en voiture avec mon père et mon grand frère, quand, à l'entrée d'Olanchito, des hommes ont vidé leurs armes sur notre voiture.

Dimanche, il est 7h, je n’ai pas dormi, une nouvelle journée commence mais aujourd’hui je dois aller enterrer mon père, qui est mort dans la fusillade. Quant à mon frère, il est à l’hopital en salle d’opération avec plusieurs balles dans les jambes. Moi, par miracle, j’étais assis entre les deux et ai eu le temps de m’allonger vers l’arrière ce qui m’a valu seulement une blessure à la jambe droite.

Pourquoi ? Pourquoi tant d’armes à feu dans mon pays, dans ma ville, jusque dans ma propre maison ? Pourquoi tant de morts pour rien ? Pourquoi tant de victimes innocentes? Pourquoi tant d’orphelins ? Pourquoi notre famille? Pourquoi moi?

Seigneur, apportez la paix à mon pays.

dimanche 20 juin 2010

A Las Vegas, c’est un grand chantier

Avec la Pastoral Sociale de la paroisse, nous avons lancé depuis un mois un projet d’amélioration des maisons à Las Vegas. Chaque famille volontaire construit sa maison de briques de terre. Nous offrirons le bois pour la charpente et la tôle ondulée pour le toit une fois la maison terminée. Ainsi 13 familles se sont mises à l’ouvrage pour améliorer leurs conditions de vie.

Les maisons de Las Vegas ressemblent à ça :

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Consrtuire sa maison en briques de terre est un travail difficile, il faut faire les briques en terre, les laisser sécher. Puis faire les fondations avec des pierres, et monter les murs.

La mère, le père, les enfants, les cousins, tous ont mis la main à la pâté ou plutôt à la terre.

Ici la famille de Dona Justinia et les briques en train de sécher :

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Son mari Don Danilo semble heureux de son oeuvre :

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Au bout d’un mois, certaines familles sont déjà bien avancées. Elles devraient quitter leurs maisons de cartons, ou bâches de plastiques pour investir ces nouvelles habitations.

L’ancienne maison de Wilmer, et le début de la nouvelle :

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Wilmer :

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Les constructions sont bâchées pour les protéger de la pluie

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Le financement du projet : le bois et la tôle ondulée va se réaliser grâce à une partie de vos dons reçus via Honduras Fraternité, la pastorale sociale et la mairie.

Moncho est déjà dans les hauteurs :

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J’espère que chacun va réussir à terminer sa maison qui devrait permettre plus d’hygiène, plus de sécurité en cas de tempêtes, moins de problème de santé et surtout un foyer à l’abri de la pluie pour de nombreuses années.

A très vite pour des photos des maisons finies…

lundi 12 avril 2010

Séance “d’aplatissage” de bouteilles à Las Vegas

La meilleure manière d’aplatir les bouteilles en plastique que j’achète au centre de valorisation des déchets de Olanchito est de passer une voiture sur les tas. Cette opération me permet de charger le camion avec un tiers de produits en plus.

Les pères de la paroisse me prètent un de leurs 4*4 une fois tous les 15 jours.

En images ca donne ça :

Le tas qu’il faut aplatir, environ 2 000 kg :P1010812

 La voiture de la paroisse, un bon “land cruiser” à toutes épreuves :P1010815

C’est l’heure de la récréation de l’école, je suis rejoins par une nuée d’enfants qui se mettent dans le pick-up.P1010818 P1010819

Ramiro est en train de répartir les bouteilles avant le passage de la voiture :P1010823

Le tas écrasé devient comme une piscine de boules pour les enfants, qui se jettent dedans. Pardonnez-moi mères de famille de salir les uniformes ainsi !!!P1010826

Le résultat une mer de bouteilles en plastique, un tas aplati prêt à charger dans le camion.P1010832

Une machine est en cours de réalisation depuis 2 mois. Deux roues mises en mouvement par un petit moteur qui devrait permettre d’aplatir encore mieux les bouteilles et surtout d’éviter d’emprunter une voiture de la paroisse. Mais la patience est de mise lorsqu’on demande des choses un peu compliquées dans les ateliers de mécanique. En ce moment, ils attendent de l’oxygène pour découper la base sur lequel sera fixé le moteur. 

J’ai augmenté depuis le début de la semaine les prix. En moyenne, les personnes qui vont récolter les produits dans la décharge gagnent deux fois plus qu’avant. Je continue donc l’objectif de toujours faire gagner plus aux familles de Las Vegas.

La semaine prochaine je vais donner un cours aux élèves d’un collège pour les sensibiliser sur la sélection des déchets. Une première action de “consciencisation”  qui je l’espère portera ces fruits.

Et puis il y a le management de mes deux employés. J’ai appris cette semaine qu’un des deux achetait du cuivre à son compte pour le revendre et toucher ainsi le résultat. Nous avons eu une belle exlication et j’ai augmenté les prix afin que pour lui l’action ne soit plus rentable. Je le paie déjà très bien, l’équivalent de deux salaires minimum. Je pensais qu’ils seraient capables de reprendre l’affaire sans aide d’un administrateur, je n’en suis pas sur maintenant. L’appât de l’argent …

lundi 15 mars 2010

Nouvelles de début d’année

Nous avons commencé l’année avec la visite de mes parents du 2 au 15 Janvier. Comme vous pouvez l’imaginer j’étais trop heureuse de les voir après 13 mois de séparation, (et Xavier un peu aussi !!!); de leur faire connaître nos amis, notre quotidien, notre vie ici au Honduras et tout particulièrement à Olanchito. Malgré un temps peu clément, cela n’a pas gâché le bonheur d’être avec eux et nous avons bien profité de leur présence.

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Après leur départ, le 18 Janvier nous avons repris le chemin de Las Vegas pour Xavier et du collège pour moi. Cette nouvelle année a commencé sur les chapeaux de roue !

Xavier a repris ses voyages une fois par semaine pour San Pedro Sula afin de vendre son stock de bouteilles en plastique, fer, aluminium, cuivre. Il a entrepris une campagne pour inscrire tous les enfants de Las Vegas à l’école publique, la construction d’une nouvelle machine pour aplatir les bouteilles, et d’autres projets avec les femmes de ce quartier.

Réunion de travail avec Ramiro et Hector P1000052 Le camion

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Quant à moi, après la période d’inscriptions des élèves, qui a été informatisée cette année, et toute la partie administrative à mettre en place (ouverture du bac en informatique, emplois du temps, comptabilité, achats des livres et uniformes, changement de professeurs…), les élèves ont fait leur rentrée le 11 Février.

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Après discussions avec la directrice et le Padre Hugo, nous avons décidé d’ouvrir la classe de français pour les lycéens seulement. Les élèves le désirant et ayant un niveau d’anglais suffisant reçoivent donc des cours de français une fois par semaine à la place d’une heure d’anglais, permettant ainsi au professeur d’anglais d’améliorer le niveau des élèves les plus faibles. Il s’agit d’une matière en plus pour eux, avec interros et examens. J’avoue qu’il est assez drôle de les entendre prononcer les mots en français, et j’imagine comment cela doit être drôle pour eux de m’entendre parler en espagnol chaque jour. Maintenant c’est profe Maÿlis s’il vous plaît !

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Durant ces derniers mois, quelques changements : le changement de gouvernement avec notre nouveau Président : Monsieur Pepe Lobo, la prise de possession du nouveau maire d’Olanchito : Monsieur Edy Acosta (ci-dessous) Et oui la moustache est à la mode pour les politiciens honduriens; à quand notre président a la mode hondurienne?

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la construction et l’ouverture de l’université catholique à Olanchito, le départ de notre ami Juan Carlos qui a repris le chemin des bancs de l’université et étudie à La Ceiba, à 2 heures au nord d’Olanchito. On doit avouer qu’il nous manque et que c’est toujours une joie de le revoir le week-end.

    L’université catholique :                         Juan Carlos:

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Cette année, j’ai la joie de voir Daniel (mon filleul de confirmation)tous les jours car il fait son année de terminale à l’Inmaculada Concepción.

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Nous avons également participé et célébré divers événements :

Un marathon pour récolter de l’argent pour aider à la reconstruction d’Haïti, une chaîne de solidarité en soutien à Leo, un de mes élèves qui a été séquestré pendant 10 jours avant de rentrer sain et sauf chez lui.

La rentrée des scouts et la rencontre avec le national

L’anniversaire de Eris, les 3 ans de José Carlos (fils de Juan Carlos):

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les anniversaires de Xavier, Sandra, Alejandro, Samuel et mon amie et collègue Erika:

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les 60 ans de Don Anibal, la demande officielle en mariage de Eris à Mercedes le jour de la Saint Valentin a la lueur des bougies (coupure d’électricité oblige! mais grande classe non? ):

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Notre ami, Josué, qui étudie à Cuba, est papa depuis le 4 Mars d’un petit Josué Leonel. Félicitations aux parents et aux grands-parents Will et Sandra !

Les Padres sont toujours bien présents dans notre quotidien et un vrai soutien. David, qui est séminariste, est maintenant mon collègue à l’Inmaculada comme conseiller pédagogique et professeur de religion pour les lycéens.

Padres Francisco et Enrique avec Geovany :          Padre Hugo:

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Daniel, David et nous:

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Voilà pour les dernières nouvelles en direct d’Olanchito. Hasta la proxima !

samedi 16 janvier 2010

Une petite citation pour commencer l’année…

“La mondialisation de la solidarité pourrait-être définie ainsi : vivre plus simplement pour que les autres puissent simplement vivre”

Cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga; cardinal du Honduras dans “De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin” aux éditions Laffont


Bonne réflexion !

vendredi 1 janvier 2010

Feliz año nuevo

Nous vous souhaitons une très belle année 2010.

En 2010, certains vont se marier, d'autres changer de travail, se fiancer, avoir des enfants, profiter de moments de joie avec ses enfants et petits enfants, changer de lieux de vie, découvrir de nouveaux pays…

Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur, de joie, de paix pour vivre tous ces beaux moments de l’année 2010 !

Nous vous souhaitons de belles rencontres, de belles amitiés, et de toujours garder l’esprit ouvert à ceux de votre entourage, dans la rue, dans vos lieux de travail, dans votre quotidien qui auront besoin d’un sourire, d’un encouragement ou d’un geste de réconfort lors de cette année 2010.

Nous venons de finir d’écrire le chapitre de l’année 2009, nous nous retrouvons devant la page blanche de 2010, alors à vos stylos pour écrire de belles histoires !

Bonne année 2010 !

Nous vous embrassons bien fort d’Olanchito

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lundi 7 décembre 2009

1 an de Coopération

Ca y est nous arrivons à la moitié de notre coopération. On doit avouer que cette année est passée très vite. Cette première année de coopé a été riche et bien remplie. Oui, vous nous manquez tous mais nous sommes bien ici, nous avons trouvé nos marques, appris une nouvelle langue, fait notre “trou” comme on dit.

Alors comme bilan, voici une petite liste non exhaustive de ce qu’on aime et de ce qu’on aime moins :

On aime:

- Qu’il fasse beau toute l’année et vivre en tongs

- La gentillesse et la simplicité d’accueil naturelles des Honduriens

- Ce beau pays, vert toute l’année

- Les Pères de la paroisse

- Les “abrazos” bien fuerte

- Les “Vaya Pues” et “verdad” dans toutes les phrases

- Les sourires des enfants de Las Vegas et de l’Inmaculada

On s’y est habitué:

- Le retard naturel des honduriens

- Les tremblements de terre

- Boire seulement l’eau en bouteille

- Le déluge quand il pleut

- Les coups d’Etat et couvres feu

- Les coupures d’électricité et d’eau imprévues

- Riz, frijoles, poulet, tortillas à tous les repas

- Les “Gracias a Dios” ou “ Si Dios quiere” a tout va

- Manger avec les mains

- Les nombreux jours fériés ou de quelque chose

- Parler et penser en espagnol

- Mettre le papier hygiénique dans la corbeille !

On ne s’y fait toujours pas:

- Les bêtes qui sortent d’on ne sait où

- Le fromage qui sent la vache

- Les photos des morts ensanglantés dans la presse ou à la télé

- Les moustiques et les souris

- La douche froide

- Les chants du coq incessants à partir de 4h du matin

- Voir des armes à feu à chaque coin de rues

- Le fait qu’on ne sache jamais combien de personnes invitées vont venir à nos réunions ou dîners et à quelle heure

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vendredi 6 novembre 2009

Ca n’arrive pas que dans les films…

Cette après midi au collège a été bien mouvementée quand 2 élèves sont venues rapporter à la directrice qu’un de leur camarade avait un pistolet sur lui. La directrice m’a appelé ainsi qu’un professeur pour aller vérifier, et en effet nous avons trouvé une arme à feu dans le sac à dos de Marvin, 13 ans.

Après avoir fait venir sa maman, et écouté les différentes versions du pourquoi il avait une arme sur lui, Marvin a fini par avouer que son camarade Niky, 14 ans, lui avait donné l’arme à l’entrée du collège pour qu’il la rende à son propriétaire et voisin Jorge. Nous avons donc fait venir Niky et sa maman, qui nous a expliqué qu’il avait volé l’arme de son père décédé dans les affaires de sa mère et l’avait échangé contre celle de son copain Jorge! Ce même Jorge avait volé l’arme à son père avocat qui la détenait en dépôt pour un client !!

arme à feu

Que faire ? Briser la vie de deux gamins qui ont fait une énorme connerie ? Remettre l’arme et les jeunes à la police ? Détenir une arme étant illégale et l’apporter dans un centre éducatif étant un délit punit sévèrement par la loi. Par ailleurs les deux jeunes sont mineurs et leurs mères, qui sont mères célibataires, responsables des actes de leurs fils mineurs.

Heureusement le Père Hugo, recteur du collège, est resté calme afin de trouver une solution qui ne pénalise personne. Après un sermon en bonne et due forme aux 2 élèves, le Padre a décidé de ne pas les remettre à la police et de faire l’échange d’armes avec le père avocat, comme s’il ne s’était jamais rien passé, excepté que les deux jeunes ont été expulsé du collège définitivement.

Tout est bien qui finit bien pourrait –on dire. Cependant, la présence d’armes à feu dans les rues va en s’accroissant. Des vieux comme des jeunes se pavanent avec une arme à la ceinture. Et bien que tout soit rentré dans l’ordre sans désastre et sans victimes, ça m’a fait vraiment très bizarre de me retrouver nez à nez avec un véritable pistolet, sans savoir ce que ces jeunes que j’ai côtoyé toute l’année pouvaient bien avoir dans la tête, quelles étaient leurs intentions ? On ne le sera jamais, j’espère juste que pour eux ce n’était pas un acte intentionnel, dans le but d’agresser ou pire de tuer quelqu’un. Il leur reste un futur à construire et j’espère qu’il sauront le faire de manière intelligente.

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lundi 2 novembre 2009

Fin du commerce de Licuados

Et oui ami lecteur, il n’y a pas que des bonnes nouvelles dans ce blog !

Fin juillet, nous avions ouvert avec deux femmes un point de vente de milk-shakes dans le quartier de la “Gran Comision”. Après 2 mois de ventes, après avoir tenté de diversifier l’activité avec des tortillas, des glaces, sans résultats probants, nous avons décidé de fermer cette micro-entreprise.

Idalia derrière le point de vente de milk-shakes: P1170183

Les causes de cet échec sont multiples:

  • Peu de clients : 2 ou 3 milk-shakes par jour en moyenne. La marge générée ne permet pas de gagner sa vie correctement même pour une personne
  • Beaucoup de pertes en raison d’aliments périssables très vite et une activité très variable
  • Des vols, des infractions dans le commerce
  • Une motivation des deux associées faible : beaucoup de temps de présence pour peu de résultat

Le quartier de la “Gran Comision” ne se prête pas à ce genre de commerce alimentaire. Excentré du centre, les personnes de ce quartier ont les ressources suffisantes pour se nourrir mais pas pour les extras que sont les milk-shakes. D’autre part, il existe une petite délinquance qui gangrène le quartier.

Dimanche dernier, nous avons fait les comptes avec elles. Il y avait 1200 Lempiras (46€) d’investissements. Le résultat après deux mois d’exploitation s’élève à 700 Lempiras (27€). Un mixer a été revendu à la moitié du prix d’achat 170 lempiras (6,5€). Une perte nette donc de 320 Lempiras (12,5€).

J’ai été très surpris et heureux de voir mes deux associées vouloir rembourser au maximum le micro-crédit qu’elles avaient contracté pour les investissements. Une fierté d’honorer ses dettes !

Dona Esperanza et Idalia:P1160959

Idalia aujourd’hui travaille dans l’ensachage des bananes dans le grande entreprise bananière de la région . Elle gagne 7000 Lempiras (270€) par mois pour éduquer et nourrir ses enfants. Elle semble heureuse d’avoir repris une activité. Esperanza, elle, survit avec l’argent gagné par ses enfants. Nous devrions retravailler ensemble dans les prochaines semaines avec une autre activité.

Ce fut une première expérience de micro-entreprise de femmes dans ces quartiers pauvres d’Olanchito, qui m’a permis de mieux appréhender le monde du travail au Honduras, la valeur qu’il a, mais aussi toutes les difficultés du travail dans des conditions d’insécurité constantes. Cette insécurité engendre une peur constante qui annihile beaucoup la motivation. Ensuite, j’ai appris que pour lancer sa propre entreprise, et ensuite la gérer : devenir entrepreneur il faut avoir un sacré cran car celà engendre beaucoup de stress. Ce fut le cas pour mes deux associées : une lors du lancement est partie du jour au lendemain dans son village natal dans la montagne pendant une semaine avant de revenir, et l’autre a souffert de maux d’estomac violents après les premiers jours, à la vue des premiers résultats ! Il y a un vrai rôle d’accompagnement et de soutien à avoir lors du lancement de ces micro-entreprises. 

J’espère qu’il y aura d’autres réussites de projets de micro-activité de femmes dans les prochains mois. Je vous tiendrai au courant !

dimanche 25 octobre 2009

Lancement du centre de collecte de déchets à Las Vegas

Depuis le mardi 20 octobre, dans le quartier de Las Vegas, ça récupère, ça récupère !!

Le quartier de Las Vegas est situé à proximité de la décharge d’Olanchito. C’est un des plus pauvres de la ville.

L’idée est de mettre en place un centre d’achats de déchets issus de la décharge : bouteilles de plastique, canettes en aluminium, boîtes de conserve, afin de donner plus de ressources aux personnes qui récupèrent déjà ces déchets dans la décharge.

L’objectif principal de ce projet est de donner plus de ressources aux  familles qui vivent de ce ramassage. Il s’agit des familles les plus démunies du quartier.

Don Dimas : un clientP1190648

Les déchets sont ensuite chargés dans un camion à Olanchito et vendus  à San Pedro Sula. De là, ils seront moulus et envoyés aux Etats-Unis pour être recyclés. 

Avant, la situation était la suivante : un camion venait de Saba, une ville située à 50 kms d’Olanchito, tous les 10 jours environ. L’entreprise payait le kilo de bouteilles de plastique de Pepsi, Coca-Cola… à 1 Lempira soient 0,04€. P1190698

J’ai donc lancé mardi dernier un point d’achat de déchets. J’achète bouteilles en plastique usagées, cannettes en aluminium, fer, cuivre avec un prix en forte augmentation pour chacun.

  Prix antérieur(Lps/kg) Prix actuel
(Lps/kg)
Augmentation

Bouteilles en plastique

1

2

+50%

Aluminium

6

10

+40%

Cuivre

28

50

+44%

Fer

1,40

1,60

+12,5%

J’ai trouvé un camion qui part vide à San Pedro Sula et revient à Olanchito avec des légumes. Ce qui permet de répartir les coûts.

A San Pedro Sula, je vends les bouteilles à 5,8 Lempiras le kilo.

L’achat des bouteilles en plastique représente 75% des achats. Le problème de celles-ci est le volume qu’elles occupent. Le volume est très important par rapport au poids. L’enjeu est de les aplatir, compacter au maximum pour rentabiliser le voyage. J’ai dessiné et fait réaliser une “compacteuse” pour en sortir des cubes de plastique écrasé. Pour réduire les investissements de départ, j’avais opté pour une solution manuelle avec un levier. Après l’avoir testée, le levier ne permet pas de générer une force suffisante pour écraser les bouteilles. Rassuré par le volume collecté cette semaine, je renvoie la machine à l’atelier pour y ajouter un piston, un moteur afin de faire de beaux ballots de plastique.

La “compacteuse” manuelleP1190655

Pour m’aider, je travaille avec 2 anciens “recogeros” = personnes qui ramassent dans la décharge, Hector et Ramiro. Ils m’aident à peser, décharger… Nous avons installé le centre de collecte dans le jardin d’Hector pour éviter les vols. Je ne veux pas payer deux fois la même bouteille !!

 Ramiro et Hector devant la balanceP1190647

Je dois passer chaque jour à la banque pour avoir des petites coupures. J’en ressors avec une énorme liasse de billets pour payer chacun des clients “recogeros”. Non, non je ne vais pas jouer mon argent dans les machines à sous à Las Vegas !!

Après 4 jours d’ouverture du centre de collecte, les résultats sont excellents :

  • 2400 kg de bouteilles, 740 kg de fer, 30 kg d’aluminium et 15 kg de cuivre ont été achetés
  • 6 500 Lempiras ont été distribués dans le quartier
  • 354 visites de clients ont été réalisées
  • A la banque, ils me prennent pour un fou ! 
  • Les bouteilles en plastique ne sont plus brûlées, et donc les fumées de la décharge néfastes pour les populations et l’environnement ont pratiquement disparu

Des montagnes !!!P1190693

Avec ces premiers résultats rassurants, j’espère pouvoir très prochainement augmenter le prix d’achat.

Nous avons chargé le camion ce matin. Je pars à San Pedro Sula Lundi matin aux aurores pour vendre une première cargaison d’environ 1500 kg.

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Affaire à suivre au prochain épisode

Tous vos commentaires et idées sont les bienvenus !